Pas de rentrée scolaire pour 30 millions d’enfants

Au moment où les élèves dans la plupart de pays retournent à l’école, un nombre record de conflits et de crises prive des millions d’enfants de leur droit à l’éducation.

En effet, des millions d’enfants ont été éloignés de leur foyer et de leur école par les conflits. On estime à 30 millions le nombre d’enfants privés d’école dans les pays en situation d’urgences ou touchés par les crises.
De plus, au Libéria et en Sierra Leone, les écoles primaires et secondaires resteront fermées au moins jusqu’à la fin de l’année à cause de l’épidémie d’Ebola.
Josephine Bourne, responsable des programmes d’éducation à UNICEF, a déclaré récemment que pour les enfants qui vivent dans des situations d’urgence, l’éducation est une véritable bouée de sauvetage. Pouvoir continuer à apprendre apporte un sentiment de normalité qui peut aider les enfants à supporter les traumatismes apportés par la situation dans laquelle ils vivent. Sans les connaissances, les qualifications et le soutien qu’apportent l’éducation, ces enfants et ces jeunes ont du mal à reconstruire leurs vies et leurs communautés.

Salle de classe détruite dans un quartier de Gaza, le 14 septembre. Photo AFP Mahmud Hams

Actuellement de nombreux pays sont affectés par des crises :

  • En République Centrafricaine, un tiers des écoles récemment passées en revue ont été la cible de tirs ou incendiées ou pillées ou occupées par des forces armées.
  • Au Nigeria, de nombreux  étudiants et professeurs ont été tués ou enlevés, comprenant les 200 jeunes filles qui n’ont toujours pas été relâchées.
  • En Syrie, près de 3 millions d’enfants (la moitié de la population scolaire) ne vont plus à l’école régulièrement.
  • En Ukraine, environ 290 écoles ont été détruites ou endommagées par les combats récents.
  • A Gaza, plus de 100 écoles ont été utilisées comme abri par plus de 300 000 personnes déplacées durant le dernier conflit. Ces écoles nécessitent une réhabilitation. En effet, la reprise des cours dans 395 écoles du gouvernement sur le territoire de Gaza avait dû être retardée en raison du conflit avec Israël. Sur le terrain, les équipes de l’UNICEF interviennent :
    – dans la coordination pour assurer la rentrée dans une école de leur quartier aux enfants qui ont été déplacés par les combats, ou dont les écoles ont été détruites

    – dans la réhabilitation et le nettoyage des écoles qui ont servi d’abri
    – dans l’organisation et la mise en place d’une semaine dédiée à des activités récréatives dans toutes les écoles, afin de permettre aux personnels formés d’identifier les enfants sévèrement   traumatisés par le conflit – puis les envoyer vers une prise en charge spécialisée
    – dans l’approvisionnement en cartables, fournitures scolaires et matériel pédagogique ; ainsi que des uniformes scolaires et des chaussures pour les familles les plus vulnérables.

Afin de préserver au mieux les chances qu’ont les enfants de poursuivre leurs études, même en pleine crise, l’UNICEF appuie des opérations d’éducation en situation d’urgence allant de la mise en place de classes provisoires et d’écoles alternatives,  pour les enfants réfugiés et déplacés à l’intérieur de leur propre pays jusqu’à la distribution de millions de manuels scolaires, cartables et autres fournitures scolaires indispensables. L’UNICEF apporte également son support à l’auto-apprentissage pour les enfants qui ne peuvent pas quitter leur foyer et contribue à la diffusion de programmes éducatifs radiophoniques pour les enfants dans les pays touchés par le virus Ebola.
Cependant malgré les besoins criants, ces programmes ne sont pas entièrement financés.

L’an dernier, les programmes mondiaux d’éducation en situation d’urgence appuyés par l’UNICEF n’ont reçu que 2 % de la totalité des fonds obtenus pour l’aide humanitaire, d’où  un déficit de financement de 247 millions de dollars. « L’éducation est une partie essentielle de l’intervention humanitaire qui nécessite un soutien et un investissement dès le tout début d’une crise » a déclaré Josephine Bourne. « Un chiffre record de situations d’urgence signifie que plus d’enfants que jamais sont en danger et nous avons besoin de toute urgence des ressources nécessaires pour les aider. »

En août, UNICEF a expédié 1000 tonnes de fournitures d’urgence

Au cours de ce seul mois d’août 2014, l’UNICEF a expédié 1 000 tonnes de fournitures aux enfants pris dans des crises humanitaires générant des situations d’urgence.  Cette opération est la plus grande opération d’urgence jamais menée par l’organisation en un seul mois. La quantité livrée représente l’équivalent de 19 avions cargos gros porteurs.

« Ce déploiement exceptionnel organisé par l’UNICEF est la réponse aux besoins urgents dans un grand nombre de pays actuellement en crise », a déclaré Mme Shanelle Hall, Directrice des opérations d’approvisionnement et de logistique de l’UNICEF. « Maintenant, il est vital de garder ouverts des couloirs humanitaires afin que ces fournitures continuent de parvenir aux enfants qui en ont désespérément besoin. »
Ayant prévu la nécessité de redoubler d’efforts face au conflit en Irak et à l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest, l’UNICEF a pu assurer le plus grand nombre possible de vols d’avions cargo. En 27 jours, le centre d’approvisionnement de l’organisation, à Copenhague, a expédié 33 cargaisons de produits d’urgence dans les régions les plus troublées du monde :

  • La République Centrafricaine a reçu 26 tonnes d’équipement médical, de vaccins, de rations alimentaires d’urgence et de matériel pour creuser des puits. Parmi les médicaments essentiels, le matériel antipaludique a joué un rôle crucial pour protéger les enfants contre la principale cause de mortalité dans le pays.
  • Le nord-ouest de l’Irak  a reçu 500 tonnes de matériel, dont des rations alimentaires d’urgence, de l’eau, des articles médicaux, des tentes et des aliments thérapeutiques prêts à l’emploi. L’UNICEF a expédié également 4 millions de doses de vaccin contre la polio, ce qui permettra de protéger les enfants contre cette maladie, réapparue en raison de l’effondrement des systèmes de santé dans la Syrie voisine.  
  • Le Libéria  a reçu 248 tonnes de matériel de l’UNICEF, comme des gants en latex, des lunettes de sécurité et des combinaisons de protection pour les agents de santé, des désinfectants à base de chlore et toute une gamme de médicaments essentiels, afin d’appuyer les efforts déjà déployés  pour contenir l’épidémie d’Ebola.
  • L’État de Palestine a reçu 3,5 tonnes de fournitures diverses, essentiellement des médicaments pour Gaza afin de réapprovisionner hôpitaux et structures de santé endommagés au cours du conflit. L’UNICEF a également fourni des vaccins essentiels pour protéger les enfants, particulièrement vulnérables lors des déplacements massifs de population.
  • Le Soudan du Sud a reçu 34 tonnes de fournitures nutritionnelles, y compris des aliments thérapeutiques prêts à l’emploi à destination des enfants vulnérables, dont 50 000 risquent de mourir de malnutrition. Près d’un million d’enfants de moins de cinq ans du Soudan du Sud auront besoin d’un traitement contre la malnutrition cette année.
  • En Syrie, l’intervention de l’UNICEF, commencée sous la forme de cargaisons aériennes il y a quatre ans, s’est transformée en un acheminement régulier de fournitures composées au mois d’août de 89 tonnes de comprimés de purification de l’eau et de kits d’éducation. L’UNICEF est en train de livrer également plus de 156 tonnes de fournitures sanitaires et éducatives aux familles syriennes déplacées au Liban et en Jordanie. Ces familles sont aussi approvisionnées en eau.

« Les enfants doivent avoir la priorité au cours des crises multiples de cette ampleur.  L’UNICEF s’engage à maintenir ces efforts. Tant qu’il y aura des enfants dans le besoin, nous continuerons à mener ces opérations énormes et complexes d’approvisionnement d’urgence », a déclaré Mme Hall.

Les enfants soldats en Syrie et RCA

photo afp

La Journée internationale des enfants soldats, dédiée aux milliers de garçons et de filles enrôlés de force dans des groupes armés a été célébrée le 12 février 2014.
Dans le monde entier, des milliers de garçons et de filles sont recrutés dans des forces armées gouvernementales et dans des groupes rebelles comme combattants, cuisiniers, porteurs ou messagers. On les appelle communément « enfants soldats ». Ces enfants et adolescents, forcés à prendre part aux conflits, sont avant tout des victimes : ils sont exploités, violentés, abusés sexuellement, blessés et souvent même tués. Alors qu’ils sont privés de leurs droits et de leur enfance, ils subissent de plus les lourdes conséquences physiques et psychologiques de cet enrôlement.
UNICEF estime à 250 000 le nombre d’enfants soldats en activité dans le monde.
En 2007, plus de 100 pays ont endossé les Engagements et les Principes de Paris qui visent à lutter contre le recrutement ou l’utilisation illicite d’enfants par des groupes armés. L’UNICEF France a d’ailleurs fait de la libération et de la réinsertion des « enfants soldats » l’une de ses priorités.
Depuis 1998, plus de 100 000 enfants ont été ainsi libérés et réinsérés dans leurs communautés dans plus de 15 pays affectés par des conflits armés.
Actuellement, 2 pays sont sur le devant de la scène, pour les conflits armés qui apportent leur lot de destructions et les mauvais traitements infligés aux enfants, il s’agit de la République Centrafricaine et de la Syrie.

Les enfants soldats en République Centrafricaine
Depuis plusieurs années, l’UNICEF lutte pour la démobilisation des enfants soldats en République Centrafricaine. Leur protection est une priorité. C’est la raison pour laquelle les équipes de l’UNICEF sont mobilisées et mettent tout en œuvre pour libérer les enfants enrôlés. Ainsi, récemment 23 enfants soldats, âgés de 14 à 17 ans, ont été libérés à Bangui. Cette libération devrait être suivie par d’autres dans les mois à venir.
Mais, la libération d’enfants soldats est un processus long et sensible, pour les professionnels de l’UNICEF car tous les belligérants sont concernés.
« À Bangui et dans tout le pays, l’UNICEF travaille avec toutes les parties impliquées dans ce conflit, pour identifier ces enfants, les libérer, et leur permettre de retrouver leurs familles, explique Souleymane Diabaté, le représentant de l’UNICEF en RCA. Les négociations et la collaboration avec les autorités de transition sont encourageantes, et nous faisons au mieux pour permettre à ces enfants de retrouver leur enfance. »
Les 23 enfants libérés, qui comptent parmi eux 6 filles, ont été pris en charge dans un centre de transit, d’orientation et d’assistance soutenu par l’UNICEF. Parallèlement, les humanitaires font un travail méticuleux d’identification des familles pour préparer leur réintégration dans leurs communautés et le retour de ces enfants à une vie normale.

Les enfants soldats en Syrie
Parmi les 2,48 millions de réfugiés syriens en Jordanie, Liban, Turquie, Irak et Egypte, 1,2 millions sont des d’enfants. Et à l’intérieur du pays, sur 9,3 millions d’habitants affectés, ce sont 4,3 millions d’enfants qui sont touchés par le conflit. C’est la réalité de cette guerre.
En juillet 2012, Mme Leila Zerrougui a été nommée sous-secrétaire générale, Représentante Spéciale du Secrétaire Général des Nations Unies pour les enfants et les conflits armés. D’après elle, parmi les combattants rebelles syriens, on trouve des enfants de 15 à 16 ans, parfois moins. Ces enfants se retrouvent au cœur d’un conflit où ils perdent leur avenir et peut être aussi leur vie. Pourtant, toujours selon Leila Zerroughi, en Syrie, les groupes armés ne forcent pas les enfants à les rejoindre par la violence comme cela se voit dans certains pays. Mais il existe une pression psychologique et sociale qui induit une adhésion souvent inconsciente des enfants. Ils peuvent être manipulés, ou penser que c’est leur devoir de combattre pour défendre leur communauté, ou suivre l’exemple de membres de leur famille au sens large.
Certaines familles fuient la Syrie pour protéger leurs enfants de ces pressions. Depuis quelque temps, on constate l’arrivée de groupes armés autres que l’armée Syrienne libre qui tentent aussi de recruter des enfants. Aucun de ces groupes armés n’interdit explicitement le recrutement d’enfants. Des enfants ont été arrêtés, enlevés, torturés, mutilés, abusés sexuellement, et recrutés comme enfants soldats. Ils sont utilisés comme informateurs, espions, passeurs de matériel… La Syrie a pourtant ratifié la CIDE. Il existe donc un cadre international légal qui permet de faire savoir à ceux qui recrutent des enfants qu’il y a un risque pour eux. 
L’ UNICEF a rejoint le Secrétaire Général de l’ONU pour un appel à la cessation immédiate des souffrances infligées aux enfants et aux populations civiles.

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EN RCA, 2 millions d’enfants sont affectés par le conflit et l’insécurité

© UNICEF/NYHQ2012-0893/Brian Sokol

Après la prise de pouvoir par les rebelles de la Séléka en République Centrafricaine, les Nations Unies (avec UNICEF) ont relocalisé temporairement au Cameroun la majorité de leur personnel. Cependant environ 60 personnes sont restées dans le pays pour distribuer du matériel de première nécessité aux enfants. Hélas, le blocage des routes, la présence de groupes armés, et le risque de pillage et d’attaques empêchent la distribution massive de ce matériel.
L’UNICEF a souligné que les conditions de sécurité empêchent l’aide humanitaire d’arriver jusqu’aux enfants. Actuellement deux millions d’enfants n’ont aucun accès aux services sociaux de base et sont exposés à la violence, et ce chiffre risque d’augmenter si la situation ne se stabilise pas rapidement. De plus, beaucoup d’écoles sont fermées ou occupées, les professeurs sont absents. Le droit à l’éducation n’existe donc plus.
Le risque que des enfants soient recrutés dans des groupes armés est très grand. Les enfants les plus vulnérables sont ceux qui ont perdu leur maison, qui sont séparés de leur famille ou qui ont été précédemment associés avec des groupes armés. Avant le conflit, UNICEF estimait à 2500 le nombre des enfants associés à des groupes armés en République Centrafricaine.
Récemment, 10 tonnes de matériel d’urgence ont été volées à l’UNICEF, sur les 70 tonnes de matériel déjà acheminées en République Centrafricaine. Ce matériel était destiné aux 30 000 personnes les plus démunies, en particulier des femmes et des enfants. Ce matériel comprenait des kits de purification d’eau, des couvertures, des moustiquaires, des médicaments et des produits de nutrition.

UNICEF appelle les acteurs du conflit à en finir avec le pillage du matériel collecté. La coalition Séléka doit maintenant montrer qu’elle est décidée à appliquer ses principes humanitaires et à respecter les droits de tous les Centre Africains.
UNICEF a besoin de 11.1 millions de dollars pour pouvoir aider les familles touchées par le conflit. Mais actuellement, seule une faible partie de cette somme a été recueillie.