« Les enfants invisibles »

L’article 7 de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant (CIDE) stipule que chaque enfant doit être enregistré aussitôt après sa naissance et qu’il a tout de suite le droit à un nom, le droit d’acquérir une nationalité et, dans la mesure du possible, le droit de connaître ses parents et d’être élevé par eux. Idéalement, un certificat de naissance est un passeport pour la protection.
Or , des millions d’enfants vivent sans être enregistrés et sont donc sans aucune protection contre les actes de violence.
Les enfants deviennent invisibles lorsqu’ils sont maltraités et exploités et qu’ils cessent d’être comptabilisés dans les statistiques. 
Qui sont ces enfants invisibles ?
1/ Les enfants sans identité officielle
Ces enfants ne sont pas reconnus comme membres à part entière de la société et ne peuvent pas être protégés dans des situations dangereuses. Sans identité officielle, les enfants sont exclus de l’éducation, des soins de santé et de la sécurité sociale.

Dans le monde, seulement 60% des bébés nés en 2012 ont été enregistrés à la naissance. Ce chiffre descend à 40 % en Asie du Sud qui est la région où le nombre de naissances non déclarées est le plus élevé.
Cette situation est le résultat de discriminations et/ou de manque d’informations. 
2/ Les enfants privés des soins apportés par les parents
Les orphelins : Ils sont privés de leur première ligne de défense. Dans le monde en développement 132 millions d’enfants sont orphelins. Ils abandonnent souvent l’école ou sont pris en charge par des exploiteurs et perdent leur visibilité dans leur communauté.
Les enfants des rues. : des dizaines de millions d’enfants vivent dans les rues au vu de tous, mais paradoxalement, ils comptent parmi les plus invisibles de tous. Les enfants des rues sont exposés à toutes les formes d’exploitation et de mauvais traitements.
Les enfants en détention : les données sur les enfants en détention sont peu nombreuses, mais selon les estimations actuelles, ils seraient plus d’un million à travers le monde. Leur accès aux soins, à l’éducation et à une protection est loin d’être garanti. 
3/ Les enfants assumant prématurément un rôle d’adulte
En particulier dans les conflits : des centaines de milliers d’enfants participent à des conflits armés en tant que soldats, messagers, porteurs, cuisiniers et esclaves sexuels pour le compte de groupes armés. Selon les estimations, il y aurait actuellement dans le monde plus de 250 000 enfants soldats prenant part à des conflits armés.
Dans le mariage précoce : Le mariage précoce peut mettre fin à toute possibilité de s’instruire et marque trop souvent le début d’une vie de soumission domestique et sexuelle. En effet, les filles de moins de 15 ans courent cinq fois plus de risques de mourir en couches que les filles qui ont plus de vingt ans. 
Dans le travail dangereux : on estime que 171 millions d’enfants – dont 73 millions ont moins de 10 ans – travaillent dans des conditions ou des situations dangereuses, par exemple, au contact de produits chimiques ou de pesticides dans l’agriculture, en manipulant des équipements dangereux ou en travaillant dans des mines.
4/ Les enfants exploités
La vente d’enfants : les enfants vendus disparaissent sans laisser de traces dans des milieux clandestins et illicites, où ils sont souvent obligés de se prostituer, de se livrer à des travaux dangereux ou de travailler comme domestiques. Ils sont presque entièrement invisibles dans les statistiques. Selon les meilleures estimations disponibles, il y aurait 1,2 million d’enfants vendus chaque année.
Le travail forcé : on estime que près de 150 millions d’enfants de 5 à 14 ans travaillent dans le monde, certains dans des conditions effroyables. Ils sont employés notamment dans la prostitution, la pornographie, les conflits armés ou d’autres activités illicites.
Les enfants domestiques : il est probable que des millions d’enfants travaillent dans des résidences privées mais il est impossible d’obtenir des chiffres fiables. Les jeunes domestiques sont parmi les plus invisibles des enfants exploités. Un grand nombre d’entre eux ne sont pas autorisés à aller à l’école, subissent des sévices physiques, reçoivent une alimentation insuffisante ou ont une charge de travail bien trop lourde pour eux.

Le travail de l’UNICEF : honorer nos engagements en faveur des enfants.
La communauté internationale doit aller bien au-delà des efforts qu’elle consent actuellement pour le développement afin de s’assurer que les enfants les plus vulnérables ne soient pas laissés pour compte. Les gouvernements sont principalement responsables de l’aide à apporter à ces enfants, et doivent redoubler d’efforts dans la recherche des enfants exclus et invisibles, dans la modification du droit national qui doit se conformer aux engagements internationaux pris en faveur des enfants et dans l’augmentation des budgets orientés sur les enfants. Un chiffre cependant apporte de l’espoir : entre 2000 et 2010, le taux d’enregistrement des enfants est passé de 58% à 65%.