Chaque jour, 20 000 ADOLESCENTES METTENT UN ENFANT AU MONDE

Le rapport 2013 du Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) pointe que la grossesse chez l’adolescente est un problème mondial, mais plus particulièrement dans les pays en développement, où les filles sont chaque année 7,3 millions à mettre un enfant au monde avant l’âge de 18 ans.
Rendu public récemment, ce rapport précise que sur ces 7,3 millions, deux millions de mères adolescentes sont âgées de 14 ans ou moins et qu’elles sont les premières victimes de cette situation sur les plans sanitaire et social. Il faut noter que 95 % de ces naissances surviennent dans les pays en développement, africains pour la plupart. Aujourd’hui, 28 % des femmes de 20 à 24 ans qui vivent en Afrique centrale et en Afrique de l’Ouest sont devenues mères alors qu’elles étaient adolescentes. Au Niger, c’est même une jeune femme sur deux.

– La mère-enfant : face aux défis de la grossesse chez l’adolescente
Le rapport du FNUAP accorde une attention particulière à ces jeunes filles qui subissent les conséquences souvent dramatiques de ces grossesses, parmi lesquelles on peut citer : la perte de la possibilité d’éducation, la continuité de la pauvreté et de l’exclusion, le déni des droits fondamentaux de la personne, et l’impossibilité pour ces jeunes mères de réaliser pleinement leur potentiel. De plus chaque année, 70 000 adolescentes meurent des suites des complications de la grossesse et de l’accouchement et chaque année, 3,2 millions d’adolescentes subissent des avortements dangereux.
Ces situations dramatiques ont des causes connues souligne le rapport du FNUAP : mariage d’enfants, inégalité des sexes, obstacles à l’exercice des droits de la personne, pauvreté, violence et contrainte sexuelles limitant l’accès à la contraception et à l’éducation sexuelle adaptée à l’âge, manque d’accès à l’éducation et aux services de santé reproductive, sous-investissement dans le capital humain des filles. Trop souvent, la société rejette tout le blâme de la grossesse sur l’adolescente, alors que la plupart du temps, cette grossesse n’est pas le résultat d’un choix délibéré mais au contraire d’une absence de choix et de circonstances indépendantes de sa volonté.
Les enfants de mères adolescentes
Ils sont, eux aussi, en danger. Ils sont souvent en insuffisance pondérale à la naissance et souffrent lors de leur croissance de problèmes de santé, quand ils ne décèdent pas après quelques mois d’existence.

Impact sur la Société
Privant les filles de scolarité et donc de toute possibilité de se former à un emploi et d’obtenir des moyens autonomes de subsistance, les grossesses précoces ont aussi un impact global sur le développement économique des pays. Par exemple, si les plus de 220 000 mères adolescentes du Kenya avaient été employées au lieu d’avoir enfanté, le revenu brut du pays aurait pu augmenter de 3,4 milliards de dollars par an, soit le revenu de tout le secteur du bâtiment. En Afrique subsaharienne, si les tendances actuelles se maintiennent, le nombre de jeunes filles devenant mères avant l’âge de 15 ans pourrait passer de 2 millions par an aujourd’hui à 3,3 millions en 2030.
Tout en reconnaissant que le problème de la grossesse chez l’adolescente est bien plus grave dans le monde en développement que dans les pays développés, le FNUAP constate cependant que ce problème est aussi d’une ampleur considérable dans plusieurs pays industrialisés, comme les États-Unis. Un phénomène qui coûte par ailleurs près de 11 milliards de dollars par an aux contribuables américains.
Les solutions préconisées par la FNUAP :
Comment dès lors comprendre que la communauté internationale alloue aux adolescentes seulement moins de 2 % de l’aide au développement, un chiffre dérisoire lorsque l’on sait qu’il n’y a jamais eu autant d’enfants de moins de 18 ans. Toutefois, l’argent n’est qu’une composante de la solution. Le FNUAP plaide en faveur d’une approche globale des défis de la grossesse chez l’adolescente qui vise à modifier les attitudes et les actions de la société dans laquelle elles vivent plutôt que le comportement de ces adolescentes.
Parmi les priorités d’une telle approche, le FNUAP cite la scolarisation accrue, la fin des mariages d’enfants, la promotion de l’égalité entre les sexes en s’en prenant à la répartition des rôles traditionnels entre hommes et femmes, et l’élargissement de l’accès des adolescents aux services de santé sexuelle et reproductive, notamment à la contraception. Dès lors, il faut réfléchir aux changements à apporter aux politiques et aux normes appliquées par les familles, les communautés et les pouvoirs publics qui font que les filles n’ont souvent pas d’autres options que de mener à terme une grossesse précoce. Le FNUAP encourage les parties prenantes à modifier les politiques dans ce sens afin que toutes les filles soient en mesure de décider du cours de leur existence et de s’approprier leur avenir.

VERS UNE GÉNÉRATION SANS SIDA

– Plus de 850 000 enfants ont été sauvés du sida depuis 2004, mais une tendance alarmante apparaît chez les adolescents. Le rapport « vers une génération sans SIDA » publié fin novembre 2013 par l’UNICEF montre que le nombre de nouvelles infections parmi les adolescents augmente mais pourrait être divisé par deux d’ici 2020.
Une génération sans SIDA commence pendant les dix premières années de la vie.
Le rapport d’UNICEF montre que beaucoup d’efforts ont été faits afin d’éviter la transmission mère-enfant. En effet, 850 000 nouvelles infections chez les enfants ont été évitées entre 2005 et 2012 dans les pays à revenus bas ou moyens.
Télécharger le rapport : AIDS-free generation_full_report_29-11-2013 

– Ce rapport nous rappelle qu’une génération sans SIDA est une génération qui est née sans SIDA et qui le reste toute la vie. Michel Sidibe, le Directeur Général de l’UNAIDS souligne que cela veut dire un accès au traitement pour tous les enfants vivant avec le virus HIV et nous rappelle que la santé et le bien être des femmes devrait être au centre de la réponse au SIDA. (L’UNAIDS est un programme de l’ONU sur le SIDA qui unit les efforts de 11 organisations des Nations Unies, dont l’UNICEF, afin d’aboutir à une génération sans SIDA.)
Grace à un traitement antirétroviral simplifié utilisable toute la vie, il est devenu plus facile de traiter les femmes atteintes par le HIV et d’éviter la transmission du virus à leur bébé pendant la grossesse, l’accouchement et l’allaitement. Ce nouveau traitement comporte une seule pilule à prendre chaque jour. Ce traitement est fourni au niveau local, par l’UNICEF et conserve les mères en bonne santé. Les succès les plus remarquables ont été obtenus dans les pays d’Afrique les plus atteints par le HIV. En effet, les nouvelles infections chez les enfants ont diminué entre 2009 et 2012 de 76 pour cent au Ghana, 58 pour cent en Namibie, 55 pour cent au Zimbabwe, 52 pour cent au Malawi et Botswana et 50 pour cent en Zambie et en Ethiopie.
Le rapport met aussi l’accent sur le fait que, pour qu’une génération sans SIDA devienne une réalité, plus d’enfants doivent recevoir un traitement antirétroviral. En 2012, seulement 34 pour cent des enfants atteints par le HIV dans les pays à bas ou moyens revenus ont reçu ce traitement comparé à 64 pour cent pour les adultes. Le résultat est qu’on estime que 210 000 enfants sont morts de maladies liées au SIDA en 2012. 

– Lutter contre le HIV chez les adolescents (10 – 19 ans)
Cependant, le rapport sonne aussi l’alarme pour les adolescents tout en insistant sur la nécessité d’augmenter les efforts dans chaque pays touché pour répondre aux besoins de cette classe d’âge vulnérable au virus HIV. En effet, le nombre de morts dues au SIDA chez les enfants entre 10 et 19 ans a augmenté de 50 pour cent entre 2005 et 2012, passant de 71 000 à 110 000, en complet contraste avec les progrès effectués dans la prévention de la transmission mère enfant. Il y avait approximativement 2.1 millions d’adolescents vivant avec le HIV en
Grâce à un financement supplémentaire et une augmentation d’investissements dans l’innovation beaucoup de défis pourraient être relevés. En effet, le rapport montre qu’en augmentant l’investissement dans les interventions jusqu’à 5.5 milliards de dollars, 2 millions d’adolescents, particulièrement des filles, pourraient éviter l’infection d’ici 2020. Pour cela, il faut toucher les adolescents les plus vulnérables de façon urgente avec des programmes énergiques. Notons que les investissements étaient de 3.8 milliards de dollars en 2010.
Ces interventions incluent la distribution de préservatifs, le traitement antirétroviral, la circoncision médicale volontaire, et bien sûr la prévention de la transmission mère enfant. Il faut aussi améliorer la communication afin de changer les agissements à risques, et cibler les populations à risque ou marginalisées. De plus des investissements dans d’autres secteurs comme l’éducation, la protection sociale et la consolidation des systèmes de santé sont aussi nécessaires.
Il faut appliquer tout de suite les connaissances et les outils actuellement connus pour cibler les enfants et adolescents les plus vulnérables. Le monde a maintenant l’expérience et les moyens pour atteindre une génération sans SIDA. Anthony Lake, le Directeur Général d’UNICEF, souligne que les enfants doivent être les premiers à bénéficier de nos succès dans la lutte contre le HIV et les derniers à souffrir lorsque nous nous trompons.
 

Les adolescents, la génération montante

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D’ici quelques années, plus de la moitié des jeunes (enfants et adolescents) dans le monde grandiront dans des villes, tout comme les adultes.Synonymes d’emploi, de développement, de croissance économique, d’accès à l’éducation, aux soins, aux loisirs, les villes sont aussi le lieu de disparités criantes. L’Unicef dédit son rapport 2011 sur la situation des enfants dans le monde aux adolescents– La situtation des enfants dans le monde 2011  . Beaucoup d’enfants n’ont pas accès aux services de base : l’eau potable, l’électricité, les soins et l’éducation et peuvent être exposés à l’exploitation et aux abus, à l’expulsion et à la violence. Ce rapport  prioritairement consacré aux adolescents qui sont à la frontière difficile entre l’enfance et le monde des adultes.
9 sur dix d’entre eux vivent dans les pays en développement et sont confrontés à des problèmes d’une extrême gravité, allant des difficultés de scolarisation à la survie pure et simples. Et ces obstacles sont encore plus difficiles pour les filles et les jeunes femmes (Anthony Lake, Directeur Général, UNICEF)
Mais ce rapport met également en avant le fait que l’adolescence n’est pas seulement l’âge de toutes les fragilités, c‘est aussi l’âge de tous les possibles… A lire absolument  !