La position de l’UNICEF sur l’adoption internationale

En ces temps de guerre et de catastrophes, le problème de l’adoption des enfants devient délicat et il est important de rappeler clairement la position de l’UNICEF sur ce sujet.
Peu de temps après le séisme qui a frappé Haïti voici maintenant quatre ans, des voix s’étaient élevées contre les ONG qui s’opposaient au placement d’enfants sans contrôle dans des familles étrangères.
A cette époque la position d’UNICEF était claire. Le placement familial et l’adoption internationale sont probablement parmi les moyens qui procureront soins et soutien aux enfants touchés par des catastrophes à moyen et long terme.
Il y a de nombreuses familles qui espèrent adopter un enfant d’un pays autre que le leur. L’UNICEF pense que toute décision concernant l’adoption d’enfants étrangers doit être prise en tenant compte, en premier lieu, de l’intérêt de l’enfant. La Convention de la Haye sur les adoptions internationales (1993) est un développement important pour ces adoptions car elle recommande des processus éthiques et transparents dans l’intérêt des enfants et qui doivent être garantis par les autorités nationales.
La Convention Internationale des Droits des Enfants (ratifiée par 193 des 197 états souverains et indépendants reconnus par les Nations Unies) stipule clairement que chaque enfant a le droit de connaître ses parents et d’être élevé par eux. Par conséquent, pour l’UNICEF, les familles qui ont besoin d’aide pour élever leurs enfants doivent recevoir cette aide et les solutions alternatives (dont l’adoption) ne devraient être considérées seulement lorsque, en dépit de cette assistance, la famille de l’enfant n’est pas capable ou ne veut pas s’occuper de l’enfant. Pour les enfants relevant de ce cas, un environnement familial alternatif doit être recherché plutôt qu’un placement en institution qui devrait être utilisé uniquement comme mesure temporaire.
Au cours des 30 dernières années, le nombre de familles de pays développés voulant adopter des enfants de pays en voie de développement a augmenté substantiellement. Dans le même temps, le manque de régulations dans certains pays d’origine des enfants couplé avec la possibilité de gains a développé une « industrie » autour de l’adoption où le profit a remplacé les intérêts de l’enfant. Les abus incluent la vente, l’enlèvement d’enfants, la coercition des parents et la corruption.
Le cas des enfants séparés de leur famille et de leur communauté par la guerre ou par des catastrophes naturelles mérite un traitement spécial. Dans ce cas, il est difficile d’être sûr que de tels enfants n’ont plus de famille. Même si leurs parents sont morts, les chances de retrouver vivants des membres de la famille n’est pas nulle et un retour dans leur communauté après le conflit ou le désastre est envisageable. Ces enfants ne devraient donc pas être considérés pour l’adoption internationale, et la recherche de membres de leur famille devrait être une priorité. Cette position est partagée par UNICEF, la Croix rouge internationale, l’UNHCR et d’autres organismes internationaux, et explique les réactions lors du séisme en Haïti. Mais la situation se renouvelle, hélas, avec les nouveaux conflits en Syrie ou RCA.
En tant qu’organisation dont le but est la vie et les droits des enfants, l’UNICEF travaille à promouvoir un monde dans lequel aucun enfant n’est placé dans une institution, acheté ou vendu, volé à sa famille, ou victime. UNICEF pense que chaque enfant a le droit de grandir dans son milieu familial et ne soutient l’adoption internationale que lorsque celle-ci est conduite selon la législation en cours et les meilleures pratiques. En même temps UNICEF soutient les familles dans le besoin afin que personne ne se sente obligé par la pauvreté ou l’insécurité de donner son enfant. UNICEF travaille avec les gouvernements, les partenaires des Nations Unies et la Société Civile afin de protéger les familles vulnérables, de garantir de solides cadres juridiques et politiques et de renforcer les capacités des secteurs de la protection sociale, de la justice et de l’application des lois.

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