Conférence Internationale contre la Malnutrition

Les 14 et 15 mai, à un mois du sommet du G8, se tenait à Paris la conférence Internationale contre la Malnutrition organisée par l’UNICEF.

Réunissant des personnes venues de 55 pays dont 36 d’Afrique (représentants des gouvernements, organisations de la société civile, universitaires, bailleurs de fonds, agences des Nations unies, organisations non gouvernementales et secteur privé), la conférence a abordé les questions de l’intégration de la malnutrition dans les politiques publiques, de l’efficacité des interventions, et du financement à long terme des engagements.
Les expériences décrites lors de la conférence prouvent qu’il est possible d’améliorer efficacement la situation à moindre coût. Rien que dans le Sahel, 850 000 enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère ont été soignés correctement en 2012. Il faut maintenant développer ces actions et pérenniser leur financement. Le ministre français délégué au Développement Pascal Canfin a profité de la conférence pour annoncer la mobilisation de 30 millions d’euros prélevés sur la nouvelle taxe sur les transactions financières. Pour l’instant, la malnutrition ne mobilise encore que 0,4 % de l’aide publique au développement.

Au cours de l’année 2013, plusieurs événements aborderont la problématique de la nutrition et son importance pour le développement.
En effet, jamais la mobilisation internationale pour la malnutrition n’a été aussi forte.
Parmi tous les enjeux du développement, c’est la cause que nous devrions soutenir prioritairement. Selon le Prix Nobel américain Vernon Smith, présent au Consensus de Copenhague en mai 2012, “ L’un des meilleurs investissements possibles est de fournir des micronutriments aux populations qui souffrent de malnutrition. Les bénéfices que l’on en retirerait – en termes d’amélioration de la santé, de l’éducation et de la productivité – seraient énormes. »

La malnutrition infantile, dont l’un des principaux foyers reste l’Afrique subsaharienne, est responsable de 30 % de la mortalité infantile et frappe 165 millions d’enfants dans le monde. Les retards de croissance diminuent les chances de survie des enfants et entraînent des conséquences durables sur les capacités physiques et intellectuelles des individus. La présidente d’UNICEF France,  Michèle Barzach, insiste : « La malnutrition est un mal qui tue ou laisse des séquelles irréversibles. On sait qu’il existe des réponses peu coûteuses et efficaces, à condition de les apporter dans les mille jours qui vont de la conception au deuxième anniversaire de l’enfant, quand la formation du cerveau est quasiment terminée. »
Pour résoudre la question, il ne faut pas se limiter au manque de nourriture. La malnutrition provient aussi d’apports insuffisants en micronutriments (vitamines, minéraux, oligo-éléments), de maladies affaiblissant l’organisme, de l’absence d’accès à l’eau potable ou aux soins, de pratiques inadaptées provoquées par un déficit d’éducation… Une approche multidimensionnelle intégrant la nutrition maternelle et infantile dans les politiques de santé et de protection sociale est nécessaire.
Le rapport complet : NutritionReport_VersionFrançaise

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